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04.04.2008

Jacques-Henri CAILLAUD

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LA RÉVOLTE DES CRABES N°1 - Jacques-Henri CAILLAUD

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issus du recueil L'EXIL DE L'ÉTÉ
Poèmes
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Quand la vie n’est plus que blessure
Champ de ruines rivage aux lèvres amères
Si peu infléchit l’exil de la nuit :
L’éclair d’un sourire
Le bras d’une femme effleuré
À travers une robe amicale
Le rite du café
Animant le matin des collègues
Leur buée de paroles légères.
Tel un papillon
Le monde entrouvre ses couleurs
Puis referme ses ailes
Ternes et grises.


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LE CAFÉ

En ce café qui bruit de feuilles mortes
Je rêve les corps les visages
À travers la vitre du temps :
Un jeune homme aux mains comme une gerbe
Dont voleraient quelques roses
Chaque matin
Sans espoir
Par-delà le mur d’un château.
Une voix captive de femme
Tourbillon de gestes noueux
Où règne
Veillant peut-être un enfant malade
L’angoisse et la peur.
Près du comptoir
(Le carmin en ses lèvres coule pour un baiser)
Une fille dédie ses cuisses offertes à un étudiant désœuvré.
Je suis seul maintenant parmi les rires
Les volutes grises à l’odeur de miel.
Temps lointain
La salle chavire vers la haute mer.


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issu du recueil LE VISIBLE ET L'INACHEVÉ
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Comme un diamant
Un éclat noir dans le silence
Une ébauche d’image
Un rêve d’enfant
Et je me vois
Penché sur cette terre obscure
La recueillant dans mes mains impatientes.
L’implorant
Pour que jamais ne cesse
Le lilas près du mur noirci
Le lys blanc solitaire en cercle de lumière
Et le printemps du cerisier qui toujours m’apparaît
Comme une robe de Mariée fleurant l’aube
En ce jardin.


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issu du recueil TOURMENTS CHEMINS OBSCURS
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LE FRÔLEUR


Dans la salle obscure, les sens en émoi, il frôle le genou d’une inconnue. Il respire à peine, désir s’alliant au remords, immobile, comme si le hasard seul accentuait sa pression légère. Instants suspendus à l’éternité.

Sur l’écran, un homme presque sans visage erre à la rencontre de lui-même. Oiseau au plumage défait, sa quête le porte à d’anciens rivages : sa femme aimée dans la lumière du matin.

Sous la jupe, sa main masse les cuisses, fiévreusement, se faisant plus précise. Frémissement d’un corps qui se refuse puis s’abandonne. Le sexe s’épanouit sous ses doigts souverains en va et vient liquide comme l’or d’un ruisseau.

Film où derrière une cloison de verre, l’éclat des yeux fardés, un rouge à lèvres ardent invite aux fêtes obscènes. Incrédule il scrute son visage. Il imagine : devant sa femme, des verges turgescentes ruinent son espoir. Il se souvient : la fraîcheur de sa voix, son innocence, son enjouement que dément désormais son air égaré.

Le slip de l’inconnue glisse dans la pénombre.


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Poème inédit
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Nos corps se dressent à la lumière
À travers les rideaux transparents
En d’intimes transports
Pour les voisins qu’enchante ta vigueur sauvage.
Ton sexe s’épanouit comme une fleur d’été
Tes seins sont dressés pour l’offrande
Que ma bouche apprivoise
Aux saveurs de tilleul ou de magnolia.
Sur ma hampe érigée
Ta main se glisse experte et tendre.
Le pétris la vallée des plaines ruisselantes
Je m’enivre
Au sillon que prolonge la courbe de tes reins ;
Mais tu refuses
D’adoucir le jour qui décline
L’ardeur qui m’envahit
Aux franges de l’ivresse.
Car tu reprends ce jeu sensuel où tu dérives
En dépit des caresses où vibre ton désir
Libre de notre alliance et de nuit consumée.


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La suite dans LA RÉVOLTE DES CRABES N°1...